5 questions à La France Agricole, Lauréat du Prix de l’Édito / Article du Palmarès MediaPro 2021

Le 2 juin 2021, lors de la 22ème édition du Palmarès des Médias Professionnels, La France Agricole a remporté le Prix de l’Édito / Article. Rosanne ARIES, Journaliste chez La France Agricole, a accepté de revenir sur sa victoire en 5 questions !

Rosanne, vous avez remporté le Prix de l’Édito / Article grâce à votre article « Référendum d’initiative partagée : cabale contre l’élevage ». Pourquoi aviez-vous souhaité présenter cet article au #PalmaresMediaPro2021 ?

« Cabale contre l’élevage » témoigne de la difficulté des éleveurs à se faire entendre face à des militants et des personnalités anti-élevages qui ont facilement accès à des médias généralistes et qui ont pour certains, des intérêts financiers, derrière ce type d’actions. Nous avons voulu montrer que la presse professionnelle n’était pas du tout déconnectée des enjeux de société. Nous ne sommes ni des lanceurs d’alerte, ni des porteurs de drapeaux pour les agriculteurs, mais nous les côtoyons chaque jour et notre rôle est de les éclairer au mieux sur les enjeux sociétaux.

A travers cet article, nous avons aussi voulu montrer que la presse pro, même en temps de Covid, continuait à mobiliser tous les moyens à sa disposition. Infographie, photo, dessin, enquête : ce dossier réalisé à distance a fait appel tous les services. Nous sommes vraiment ravis qu’il ait été reçu de manière aussi favorable par le jury de MediaPro.

Vous êtes le lauréat du Prix de l’Édito / Article 2021. Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

Ce prix, obtenu à partir d’un travail collectif, nous permet de continuer à parler des éleveurs au-delà de la sphère agricole et à rappeler les enjeux autour de cette cabale menée par les anti-élevages. J’ai proposé cet article après avoir été jointe par un agriculteur dont un voisin éleveur, épuisé, dormait toutes les nuits au milieu de ses vaches. Quelques jours plus tôt, il avait surpris au milieu de son troupeau, deux personnes qui l’avaient violemment frappé avant de s’enfuir. Il ne fermait plus l’œil de la nuit pour veiller sur ses animaux. C’est aussi ça la réalité des intrusions illégales dans les fermes.

En quoi la situation sanitaire a-t-elle modifié votre façon d’échanger avec vos lecteurs et annonceurs ?

C’est un peu particulier nous concernant puisque les agriculteurs n’ont jamais cessé de travailler. Leur métier est même redevenu « essentiel », les consommateurs ont refait le lien entre l’agriculture et l’alimentation. Il était donc plus que fondamental pour nous de continuer à les accompagner, quelles que soient nos nouvelles contraintes. Et c’est ce que nous avons fait :  La France Agricole est parvenue chaque semaine dans leur boîte aux lettres, tout comme le site a continué à faire paraître ces newsletters au quotidien. Tout le groupe s’est mis en ordre de marche. Quelques personnes déjà travaillaient à distance, la situation a été homogénéisée afin de nous rendre opérationnels collectivement. Nous avons d’ailleurs informé nos lecteurs de notre organisation au travers d’un article.

Quelles nouvelles ressources avez-vous dû mobiliser ?

La cinquantaine de rédacteurs, titulaires et pigistes, amenés régulièrement à travailler à distance, était déjà équipée. Certains sont restés à Paris, d’autres ont gagné la ferme familiale pour continuer à travailler. Notre préoccupation était surtout de faire en sorte qu’aucun agriculteur, souvent seul à la tête de son exploitation, n’attrape le virus. Nous avons limité nos déplacements et cela va de soi, respecté les gestes barrières. Au niveau éditorial, c’était stimulant, il a fallu inventer et nous avons pu faire face. Pour le volet publicitaire, c’est évidemment plus compliqué.

Cette année, la presse professionnelle a redoublé de créativité et d’agilité. Quels espaces pourrait-elle conquérir d’ici 5 ans ou les défis pourrait-elle relever ?

L’utilisation des données pour qualifier finement les comportements et les attentes des lecteurs et des internautes permettra de répondre plus précisément à leurs besoins d’informations et de services. L’expertise acquise par les médias pro servira à produire de l’information de référence sur tout support de diffusion (newsletters, bases de données, podcasts, vidéos…) et pourra aussi être valorisées dans des médias généralistes. Cette expertise pourra également leur donner la possibilité de proposer des formations, des conférences et de mettre en place des cercles de réflexion en relation avec le secteur d’activité qu’ils couvrent. 

Voir ou revoir la remise du Prix de l’Édito / Article 2021


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